Handball français : les raisons d’une domination insolente

Pour la 1re fois de son histoire, et juste avant le Mondial, le hand français a placé ses équipes masculine et féminine en finale des J.O. l’été dernier. Mais quel est son secret ?

©Dziurek Fotolia
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Cette performance majeure illustre, malgré l’absence d’or olympique à Rio, la formidable santé de la discipline et du savoir-faire des Tricolores qui trustent les titres chez les jeunes.

Un palmarès unique

En quelques années seulement, les handballeurs tricolores se sont bâti un palmarès exceptionnel. Chez les hommes, entre 2006 et 2015, les Français se sont adjugés 8 titres sur les 12 compétitions qu’ils ont disputées. Ils sont également les premiers à avoir détenu simultanément les trois trophées majeurs de leur sport (Jeux Olympiques, Championnat du monde, Euro). Un exploit réalisé à deux reprises (2010 et 2015).
Les filles, vice-championnes du monde en 2009 et 2011, ont réalisé en 2016 leur retour au premier plan à Rio en décrochant, avec l’argent, leur première médaille aux Jeux.
Quant aux juniors garçons, ils sont tout simplement champions du monde et double champions d’Europe en titre !

Une formation exemplaire

« Dans les années 80, on s’est mis à fabriquer une usine à champions, articulée aujourd’hui autour de 47 pôles Espoir et de 20 centres de formation de clubs », révèle le Directeur Technique National (DTN) Philippe Bana. « Les choix humains d’encadrement, de cadres techniques sportifs ont été validés par les résultats. On sait aujourd’hui comment former et accompagner des champions ». Une transmission assurée aussi par certains glorieux aînés qui ont repris le flambeau tels Didier Dinart, Eric Quintin ou Guillaume Gille.

L’obsession de l’avenir

« On trouve peu d’intérêt aux médailles, aux commémorations et à tout ce qu’on a réalisé hier. Notre credo : se projeter toujours vers demain. C’est la seule chose qui nous guide », assure le DTN. Cette philosophie tournée vers la remise en question trouve son origine dans la période de disette des années 80. « C’est une époque de souffrance où l’on n’était rien avant de passer de la 30e place mondiale à la 1re. On n’a jamais oublié », glisse Philippe Bana.

La culture du haut niveau

« Il y a huit équipes de France qui sillonnent le monde 60 à 120 jours par an », rappelle-t-il. Si les voyages forment la jeunesse, les matches officiels et les oppositions face à des sélections étrangères permettent d’abord d’engranger de l’expérience et de se familiariser avec la culture du haut niveau. Surtout en équipe de France où « les internationaux sont installés dans un sport qui gagne et qu’ils se doivent d’être meilleurs que les autres ».

Des joueurs au profil atypique

L’équipe de France est composée de nombreux joueurs issus de la diversité, des DOM-TOM, de l’immigration. « Cette histoire a fabriqué des joueurs singuliers. Ils possèdent des facultés d’adaptation rares et certains une plasticité unique qui explique leur longévité à ce niveau », conclut Philippe Bana.

APEI-Actualités. Renaud Moncla

 

Crédits des visuels :
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Logo Mondial 2017 : ©DR