Lisieux Suicide d'une lycéenne à Lisieux. La mère de Juliette réclame justice

Véronique Lebas a perdu sa fille Juliette âgée de 15 ans jeudi dernier. Elle s’est jetée sous un train après la diffusion de photos intimes.

08/03/2016 à 16:05 par

éronique Lebas a perdu sa fille Juliette âgée de 15 ans jeudi 3 mars 2016.
éronique Lebas a perdu sa fille Juliette âgée de 15 ans jeudi 3 mars 2016.

« Bonne journée mamoune d’amour. À ce soir ». Ce sont les derniers mots que Véronique Lebas a entendus dans la bouche de sa fille. Après une accolade comme tous les matins ce jeudi 3 mars 2016. « On s’embrassait souvent avant d’aller travailler ».

Et, Juliette a pris le chemin de l’école en bus mais au lieu d’aller au lycée Marcel-Gambier à Lisieux (Calvados) comme d’habitude, elle s’est rendue sur la voie ferrée pour commettre l’irréparable, sans laisser de mot pour expliquer son acte.

Le drame s'est produit près du pont du barreau de Lisieux (Calvados).
Le drame s'est produit près du pont du barreau de Lisieux (Calvados).

« C’est frustrant. Rien n’a laissé penser qu’elle allait faire ça. Ça nous tombe dessus comme ça. On n’était au courant de rien », précise la maman démunie.

« On n’a rien remarqué »

« On était partis au ski pendant la deuxième semaine des vacances. En moins d’une semaine, tout s’est joué », souligne la maman qui souhaite témoigner pour aider des jeunes et des familles dans la même difficulté.

« Juliette est une enfant joyeuse, exubérante, souriante. Elle ne faisait jamais la tête et s’investissait beaucoup pour les autres. C’était une très bonne élève, elle ne faisait jamais de bêtise. C’était la joie de vivre dans la classe et tout le monde l’aimait », confie Véronique Lebas.

« On a juste su qu’il y a plus de deux ans au collège, elle se faisait harceler mais à aucun moment on a entendu parler de photos ».

« Elle ne voulait pas nous décevoir »

Le choc est d’autant plus fort que les parents ont appris l’existence de photos intimes le jour de la mort de Juliette. Une diffusion sans son consentement qui serait à l’origine de son acte. Une histoire qui a commencé quand l’adolescente était en classe de 4e.

« Ma fille a eu un rapport sexuel à l’âge de 13 ans. C’est alors qu’un garçon l’aurait obligé de faire une photo d’elle nue sinon il dirait à tout le monde que c’est une « grosse salope » selon ce qu’on m’a rapporté », explique Véronique Lebas.

« Son grand frère qui a aujourd’hui 23 ans avait réglé le problème ». La vie a repris son cours durant plus de deux ans. « Il y a un mois, on l’a senti mal. Elle aimait énormément son petit copain qui l’a quitté. Ma fille était très fleur bleue. Elle m’a dit : « j’ai fait table rase maman ». À cet âge-là, on s’imagine que c’est l’homme de sa vie ».

Et puis, les photos sont ressorties une semaine avant le drame, échangées de téléphone portable à téléphone portable.

« Ces gens-là, il faut qu’ils payent »

« On n’a rien remarqué la dernière semaine de sa vie. Sa meilleure amie nous a dit qu’elle avait fait une tentative de suicide une semaine avant son acte. Elle a voulu se jeter sous un train à la petite gare mais ses copines l’ont retrouvée et retenue. Juliette leur a alors dit de ne rien me dire sinon elle leur parlerait plus. Et, elle leur a juré qu’elle ne recommencera plus jamais. Si on l’avait su, on l’aurait emmenée d’emblée voir un psychiatre. Tout s’est passé si rapidement », regrette Véronique Lebas.

« Juliette avait honte. Elle était complètement détruite. Elle ne voulait pas nous décevoir. Elle ne voulait pas qu’on la voie comme une mauvaise fille. J’aurai aimé lui dire qu’on peut faire des erreurs dans la vie. Que ce n’est que des photos et qu’on ne lui en veut pas pour ça. Ils ont bousillé une famille, on s’en remettra jamais ».

La famille est aujourd’hui complètement désemparée. Elle demande à ce que justice soit faite.

« On attend que la police fasse son travail pour se reconstruire et pour que d’autres enfants ne fassent pas la même chose. Ces sales gosses font du mal à tout le monde. Ces gens-là, il faut qu’ils payent. Je veux qu’ils prennent de la prison, du sursis ou une amende même si je sais que ça ne me ramènera pas ma fille. Ces gamins tuent des gens. Ce sont des assassins en puissance. Tous les gens qui ont des enfants peuvent nous comprendre. Ils sont responsables de leurs actse et agissent par plaisir de faire du mal ».

« Aujourd’hui, on est démunis »

Véronique Lebas témoigne pour sa fille mais aussi pour toutes les adolescent(e)s victimes du harcèlement. Pour qu’ils en parlent à leur famille. Un phénomène qui peut toucher tous les enfants même ceux sensibiliser aux médias. À présent, la maman de Juliette ne veut plus entendre parler des réseaux sociaux.

« Je regardais avec Juliette et mes deux fils tous les 15 jours ce qu’ils mettaient sur facebook pour vérifier. Si elle mettait trop de rouge à lèvre sur une photo, je lui demandais de l’enlever. Aujourd’hui, on est démunis. On est dans les préparatifs de la cérémonie qui est ouverte à tous les gens qui l’aiment ».

Une cérémonie qui se tiendra ce mercredi à 10 h 30 en l’église de Courtonne-la-Meurdrac.

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